samedi 19 juillet 2008

Le sarkozysme allié de l'école ?


"Au fond, en dépit des caricatures entretenues par une minorité marginale, la France commence à comprendre que le sarkozysme est le meilleur allié de la cause de l'école".
Ce n'est bien sûr pas de moi, c'est de Darcos. Extrait d'une tribune qu'il a écrite dans Le Monde. Oui, vous avez bien lu. Je ne reviendrais pas sur la notion de "sarkozysme à l'école", qui est tout à fait absurde.
Pendant le mouvement du printemps dernier, j'avais souvent en face de moi lors de débats, les sbires UMP défendant à corps et à cris la "réforme" du ministre (je ne sais pas vous, mais moi je ne voyais dans les suppressions de postes qu'une
mesure budgétaire, mais passons.), chiffres à l'appui.
Chiffres à l'appui. La méthode donc choisie par les alliés du "sarkozysme à l'école". Le taux d'encadrement d'abord :
- "Nous avons le meilleur taux d'encadrement du monde : 1 prof pour 11 élèves." :
Bon, je ne sais pas vous, mais je n'ai jamais vu et mes camarades non plus de classes à 11 élèves. Pour réussir à une telle manip' de chiffre, c'est simple, il suffit juste de diviser le nombre total
de profs par celui des élèves. Le "sarkozysme à l'école" inclut les profs qui sont détachés dans l'administration, qui effectuent des remplacements, .... Les vrais chiffres ? Ils sont plutôt du côté du nombre d'élèves par divisions et le moins que l'on puisse dire, c'est que le "sarkozysme à l'école" est un peu à côté de la plaque : 28 élèves par classe en lycée général et 19 en pro. Ces chiffres viennent de l'OCDE, mais le "sarkozysme à l'école" ne doit pas beaucoup aimer l'enquête Eurydice.

- "Un lycéen français coûte trop cher" :
Outre la comparaison entre un humain est un pièce qu'il conviendrait de rendre économiquement plus efficace, le "sarkozysme à l'école" se met le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. En effet, les études internationales nous montrent que les dépenses françaises pour l'éducation sont dans la moyenne (1.5 du PIB enFrance, la moyenne U.E se situant à 1.4 du PIB). On pourrait ajouter que lorsque le "sarkozysme à l'école" dit que "le budget de l'Education Nationale a doublé en 20 ans.", il ne précise pas qu'il y a eu une arrivée massive d'élèves dans le système éducatif.

Je ne suis donc pas que ceux qui pensent que le sarkozysme, avec de beaux mensonges à la clé, est le meilleur allié de l'école, loin de là. On pourrait aller demander aux lycéens eux-mêmes ce qu'ils en pensent. Ah mais j'oubliais, pour le "sarkozysme à l'école", les lycéens ne sont que des jeunes "manipulés". Mais il salue aussi la maturité de ces derniers. Le sarkozysme à l'école n'est-il pas schizophrène ?

lundi 14 juillet 2008

Obama / McCain : 1-1, balle au centre

Après de longues primaires démocrates, le véritable match a commencé. Barack Obama et John McCain seront départagés par les électeurs le 4 novembre prochain.

Barack Obama avait, lors de ces primaires, dénoncé avec plus ou moins de véhémence l'accord de libre-échange nord-américain, proposé un nouveau système de couverture santé (moins audacieux que la proposition d'Hillary Clinton, qui proposait une couverture santé universelle, ce que, en passant, avait promis de faire son mari alors président des Etats-Unis), avait réaffirmé son opposition à la guerre en Irak et avait fait du retrait du bourbier une de ses priorités. Tout cela, c'était durant les primaires, où la base du parti démocrate et de ses sympathisants est à convaincre pour espérer prétendre à être candidat. La nomination (quasi) en poche (la Convention démocrate de Denver la confirmera), Obama doit désormais séduire ceux qui font basculer les élections : les indépendants.
Ce sont le cauchemar des républicains et des démocrates : ils ont fait perdre Bush Sr. en 1992 (le candidat indépendant Ross Perot avait fait 18 %), comme ils ont certainement fait perdre Al Gore en 2000 (Bush gagna l'Etat de Floride avec 537 voix d'avance alors que le candidat indépendant Ralph Nader avait obtenu 96837 voix dans cet Etat...)

Pour éviter d'en arriver à des situations semblables à l'imbroglio de l'an 2000, les deux candidats se sont lancés dans la course aux indépendants. Et même dans la course au camp d'en face. En effet, est né "Republicans for Obama", association regroupant des conservateurs modérés se retrouvant dans le discours du démocrate. Réplique du camp d'en face avec "Citizens for McCain", Democrats and independants for McCain, avec à sa tête... l'ex co-listier d'Al Gore en 2000, Jospeh Lieberman (d'où l'obscure clarté de la politique américaine...). Lieberman, explique son soutien au candidat républicain par ses attaches israéliennes et "la politique de fermeté de McCain envers les ennemis d'Israel" l'a convaincu (notons aussi que Lieberman est autant de gauche que moi de droite.)
Cela me tend la perche pour un exemple probant : alors qu'il avait plusieurs fois dit qu'il soutenait la politique de la main tendue au Proche-Orient, Obama prend un virage à 180 degrés, et devant l'Aipac, le plus puissant lobby israélien américain, annonce que Jérusalem doit être la capitale exclusive de l'Etat hébreux, que l'aventure militaire israélienne au Sud-Liban était justifiée et n'aborde même pas les discussions israélo-palestiniennes pour la paix, alors au point mort. A noter que l'Aipac est systématique à droite du Likoud... (la vidéo est ici)
Depuis, Obama a tenté de "préciser" ses vues sur l'accord de libre-échange nord-américain en nuancant ses propres paroles d'il y a quelques mois, exprime son plein soutien à la peine de mort, bafouille sur le retrait des troupes américaines d'Irak ou encore son soutien au FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act) qui autorise l'Etat américain à écouter ses citoyens (Nader, encore candidat indépendant en novembre prochain, a fait une vidéo à ce sujet : ici)

Barack Obama lorgne donc vraiment au centre et même sur sa droite en vue de l'échéance du 4 novembre. Cette stratégie globale est faite pour contre-attaquer McCain et ses soutiens indépendants, dûs aux nombreuses oppositions entre McCain et le parti républicain au Sénat. En tout cas ce qui est sûr, c'est que l'avance du démocrate se réduit selon un sondage Newsweek. Un sondage ne veut rien dire, surtout aux USA, mais il nous montre qu'une majorité d'américains estiment que Barack Obama a changé d'avis sur des thèmes majeurs pour obtenir un avantage politique (même si les américains le voit...).

La question est simple : cette course au centre ne risque-t-elle pas de décourager la base démocrate ? Réponse le 4 novembre.

Article que j'ai rédigé pour L'Ouverture ! : l-ouverture.blogspot.com

vendredi 11 juillet 2008

Les lycéens ne resteront pas bras croisés face à la saignée !

Xavier Darcos a annoncé par voie de presse un chiffre probable de 13 500 suppressions de postes dans l'Education Nationale au budget 2009. Le gouvernement fait donc le choix de poursuivre une politique désastreuse qui sacrifie la réussite de tous les élèves à des logiques comptables. L'UNL et les lycéens entendent être présents dès la rentrée contre cette nouvelle étape de la casse du service public d'éducation.

Ces nouvelles suppressions de postes, d'une ampleur sans précédent après les 11 200 déjà prévues à la rentrée 2008, auraient des conséquences dramatiques pour les lycéens. Les propos lénifiants du ministre ne peuvent plus cacher la réalité d'un enseignement dégradé et attaqué au quotidien par ces suppressions massives de moyens. On ne remplace pas des enseignants par des mots aussi rassurants soient-ils et quiconque connaît la situation de l'Education Nationale peut mesurer l'absurdité de ces 13 500 postes en moins à l'heure où l'on prétend améliorer les conditions d'étude.



M. Darcos a fait le choix de la totale irresponsabilité pour le futur de l'Education Nationale. Comment prétendre avoir une réelle ambition pour le lycée dans ces conditions ?



Les lycéens n'assisteront pas sans réaction au démantèlement de leur éducation et seront prêts à reprendre dès la rentrée leur mobilisation avec les enseignants, les parents d'élèves et les étudiants pour contrer ces attaques.

- Le groupe Facebook "Contre la casse de l'éducation !" : http://www.facebook.com/groups.php?ref=sb#/group.php?gid=55645280293&ref=nf

- Le groupe Facebook "Réformer le lycée ? Oui, mais pas sans nous !!!" : http://www.facebook.com/group.php?gid=20691845619&ref=ts

dimanche 6 juillet 2008

Donneurs de leçons, inconsistants, ...


Bon, je n'ai habituellement pas pour habitude de parler des relations entre les syndicats lycéens, mais là, c'est trop, il faut que vous constatiez la même chose que moi.
Au commencement, un communiqué de l'Uni-lycées sur la signature de la feuille de route de la réforme du lycée. Jusque là, rien de méchant.
Mais observons de plus près. Les gens de cette microscopique organisation ont la hauteur suffisante pour dire ça (attention, c'est du lourd) : "Aujourd’hui, l’UNI-Lycée salue le revirement de positions des deux syndicats de gauche qui se convertissent enfin au dialogue et à la responsabilité comme en témoigne leur signature de la feuille de route de la réforme." On croît rêver hein ?
A titre d'information, ce truc n'a jamais fait part publiquement de ses revendications pour la réforme du lycée (c'est vrai que dénoncer les horribles lycéens preneurs d'otages prend du temps). Et le pompom : "Notre mouvement espère que cette nouvelle adhésion des syndicats lycéens de gauche n’est pas fictive et qu’elle se poursuivra dans l’avenir." C'est sûr qu'ils ne sont pas à une contradiction près hein, même au niveau de la rhétorique...
Promis juré, on ne m'y reprendra plus.


vendredi 4 juillet 2008

Une année bien chargée.

L'année scolaire 2008/2009 se termine. Une année qui fut chargée au niveau de l'Education avec notamment les attaques en règles du gouvernement de François Fillon comme la suppression de la carte scolaire ou encore les milliers de suppressions de postes. On croyait la communauté éducative résignée face à un gouvernement bien décidé à appliquer une politique de régression pour l'Education Nationale. On a aussi cru que les lycéens ne se mobiliseraient pas pour exprimer leur volonté de ne plus voir leur lycée exploser. Force est de constater que cela n'a pas été du tout le cas. Je ne vais pas refaire ici l'historique du mouvement lycéen, mais de fait, il faut au moins revenir sur quelque chose de fondamental : il a été un déclic.
Un déclic dans la mesure où le thème de l'Education, on peut le dire, était complètement passé à la trappe. Un déclic, surtout parce qu'il a montré aux gens le démantèlement en marche de notre service public d'éducation. Et en cela, (et pas seulement d'ailleurs) il a été salutaire. Je pense aussi, et ce n'est à mon avis pas uniquement un avis qui m'est propre, que l'on prend enfin la jeunesse au sérieux : elle est capable d'argumenter et de formuler des analyses et des propositions.
Il y a fort à parier qu'après l'annonce des nouvelles suppressions de postes pour la rentrée 2009, un nouveau mouvement, beaucoup plus fort que le précédent, voit le jour. Les lycéens seront également mobilisés pour une réforme du lycée qui aille dans le bon sens. C'est la première fois que les lycéens seront consultés et participeront à une réforme en portant leurs revendications. Quoi qu'il en soit, il sera hors de question de cautionner une réforme ayant pour but de réduire encore plus le nombre de postes de professeurs. Je ferai d'ailleurs un billet ici sur le lancement de cette réforme très bientôt.
Bref, cette année a été très chargée ! Cette année scolaire s'est ponctuée sur le baccalauréat, que j'ai d'ailleurs obtenu. Je souhaite bonne chance à tout ceux qui vont passer le 2nd tour et je me permet de féliciter les néo-bacheliers !
@ bientôt !

mardi 24 juin 2008

Coldplay - Viva la vida (live)

mercredi 11 juin 2008

Lettre ouverte à Hortefeux et à Darcos

Messieurs les ministres,

En ce moment même, des centaines de milliers de lycéens révisent activement avant les épreuves du baccalauréat prévues à la fin de cette année scolaire 2007/2008. Pour nombre d’entre eux, lycéens sans-papiers, la préparation de l’examen s’accompagne de l’angoisse quotidienne d’une arrestation et d’une expulsion vers un pays qu’ils ne connaissent généralement pas et où ils n’ont plus d’attaches.


Souvent à peine majeurs, nos camarades sans-papiers vivent dans la peur du lendemain. Comment en effet préparer sereinement son avenir et réviser son baccalauréat lorsque l’on sait pouvoir être expulsé à tout moment ? Lorsque l’on craint d’être identifié par l’administration à l’occasion des épreuves pour être ensuite expulsé ? Leur vie est ici, avec leurs familles, leurs amis, et leurs engagements.

Obligés de vivre dans une crainte perpétuelle et de tenter de passer inaperçus en permanence, ces élèves comme les autres se voient infliger un traitement contraire aux règles de l’éthique les plus élémentaires et au droit universel à l’éducation. La traque dont ils sont victimes, certaines préfectures allant jusqu’à les convoquer au milieu des épreuves du baccalauréat, est profondément scandaleuse.

Engagée depuis sa fondation dans les actions du Réseau éducation sans frontières, l’Union nationale lycéenne réaffirme son indignation face à des politiques du chiffre qui brisent des vies pour remplir des quotas d’expulsions iniques, et sa détermination intacte à y opposer une résistance citoyenne, avec l’ensemble de la communauté éducative. Les choix du gouvernement provoquent des situations aberrantes et des drames humains toujours plus nombreux.

Nous vous exhortons aujourd’hui à nouveau solennellement de faire cesser la traque honteuse des lycéens sans-papiers et de leurs familles qui fait chaque jour de nouvelles victimes. Les grandes vacances ne doivent plus être synonymes de procédures d’expulsion de jeunes scolarisés.

Au nom des principes fondamentaux de l’Ecole de la République, nous vous demandons donc de régulariser tous les lycéens sans-papiers et leurs familles pour leur permettre d’enfin bénéficier du même droit à l’avenir que tout citoyen.